Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.
Non, ce n'était pas un séjour comme les autres. J'avais comme un pressentiment. Tu sais Kevin, peut être vaudrait mieux faire quelques belles journées au lac Coleridge plutôt que de faire un tel voyage pour 3 jours. Mais m'a répondu Kevin, Grant et Barry viennent aussi et on pourra chasser un peu en même temps, le cerf, le lièvre, le chamois etc... Puisqu'il en est ainsi allons y.... C'est vrai que c'est pas la porte à côté. On doit tracer une route pas très facile depuis Christchurch. Waipara, Wakairi, Hurunui, Culverden, Hanmer springs, Springs junction, engeenier camp, Lewis pass, Maruia, Murchison et enfin 15 kms de gravel road pour arriver à Tutaki. C'est beau, les paysages défilent avec ravissement. On longe plusieurs rivières sauvages : Waiau, Maruia, Buller, Mangles..
Je saute le trajet pour vous faire part de la première déception : La Buller river et la Mangles river sont au plus bas. Un filet d'eau au fond de la vallée, un murmure d'eau plutôt que les puissantes cascades... Je connais ces rivières, j'en ai une au fond du jardin. Quand les eaux sont comme çà, le poisson se cache et ne sort que la nuit. Deuxième déception : la belle forêt de Tutaki a disparu. Ils ont absolument tout coupé.
Çà donne un sentiment de gâchis . Pour vous faire partager la chose, je vous mets les 2 photos avant et après...
On s'installe après avoir salué les occupants présents à notre arrivée : Cliff et sa femme qui sont les parents de Philip, le neveu de Barry, le nouveau propriétaire de la ferme de quelques 500 hectares.... Petit lunch de bienvenue et nous voilà partis en pêche pour la soirée : Comme prévu : pas un poisson en vue. Grant parviendra à faire une belle truite d'1 kg dans une cascade ce sera le seul poisson acceptable de toute l'aventure..... Dans la Buller river, Kevin parvient, avec peine vu son handicap, à rallier le bord du big hole (grand trou). Mais ce sera peine perdue c'est le cas de le dire...
Retour at home avec l'espoir du lendemain car nous irons au lac Rotorua. Ce lac est un lac naturel très profond connu pour ses belles brown trouts entre 2 et 4 kilos.... 30 kilomètres de gravel road pour y parvenir. C'est du sauvage de chez sauvage. On traverse une belle forêt de mélèzes. Les sand flies sont omniprésentes, on a intérêt à ne pas oublier le repellent... Nous sommes accueillis par un vent froid qui traverse le lac sur sa longueur. Pas d'abri possible. Kevin qui avait misé sur la pluie de la West coast mais pas sur des frimas commence à grelotter. Pour ma part, j'ai ma polaire et ma veste par dessus. J'ajoute le chapeau que je pose bas pour protéger le cou et sans être confortable, c'est acceptable... Grant aussi ressent le froid. On traîne les leurres et Kevin parvient à accrocher 3 bébés truites . Il en gardera 1 de 30 cm environ, pour dire qu'il a fait un poisson... Mais on sent que c'est pas la gloire.... Comme je suis en lead core (traîne de fond), je mets du temps avant de déployer la ligne et à chaque fois, je dois remonter avant de pouvoir pêcher car Kevin a une touche d'une de ces merdouilles... Passé 6 heures, on traînera nos 3 lignes sans autre effet que d'accentuer le sentiment de froid... C'est la première fois que je vois Kevin abandonner sans conditions devant l'ennemi.... Retour à la maison avec le bébé truite.... Décidément ce séjour c'est pas comme les autres...
Après un petit lunch, on se réfugie dans les plumes pour piquer un roupillon. Vers 17 heures Kevin a les pieds qui le brûle, on va à la Buller river me dit-il. On laisse Grant aller chasser le cerf et nous on va essayer de faire un chamois tout en pêchant... Le coin convoité est à presque 60 km de la ferme... Mais on y va de bon cœur... Arrivés au bord de l'eau, la rivière me semble bien basse. Kevin avec son "it should be"(çà peut le faire) se promène le long de la berge. Je vais faire un tour dans le rapide : il semble que vers le milieu du courant il y ait quelques 70cm d'eau.... Je lui en fais part et il prend la décision de mettre à l'eau..
Embarquement, prise de vitesse pour franchir le rapide. Je n'ai pas le temps de lui dire qu'il prend la mauvaise direction car la profondeur n'est pas là où il se dirige... Crac boum, on arrache quelques cailloux et l'hélice charcute le fond... Merdum.... Retour à la remorque de mise à l'eau pour constater que l'hélice est profondément avariée... Fin de la pêche et des espoirs de chasse..... Retour at home où Grant n'a pas réussi à surprendre ces diables de cerfs qui te reniflent à des kilomètres et qui profitent du moindre signe d'alerte pour fuir : Oiseaux qui s'envolent, grillons qui se taisent etc.....
Le lendemain matin, dernier jour du séjour. La gnac n'y est plus. Grant souhaite quand même retourner à la Mangles river . On l'accompagne avec Kevin. Mais on a décidé de ne pas pêcher car on sent bien que c'est du temps perdu.
2 heures et demi après Grant réintègre l'équipe sans poisson.. Le soir Grant toujours lui, retourne chasser le cerf. Cette fois, il a une stratégie : rentrer dans le bush 2 kilomètres avant et ressortir au niveau des cerfs sur un promontoire. On le dépose donc en lisière de forêt et le voilà crapahutant. On retourne à la maison avec le talkie-walkie branché. Il nous appellera en cas de succès pour venir remorquer la bête.. Mais c'est un Grant mouillé comme un croûton dans une soupe de poissons qui ressortira du busch car il fait une averse phénoménale. Il rentre super déçu. Au moment propice, il monte sur le promontoire prévu mais les vaches en dessous l ont aperçu et tout le troupeau s'est mis à beugler. Les cerfs ont disparu en une seconde...!!
Ben voilà le séjour qui se termine sur cette note. Demain matin, on pack et on retourne..... Sur le trajet retour, un bruit bizarre au changement de vitesses apparaît au passage du pont sur la Hurunui river. C'est la boîte de vitesses qui rend l'âme... On parviendra à Christchurch en priant pour que çà tienne jusqu'à l'arrivée... Quel séjour..!!!