Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.
Cette fois, ce sera réellement le dernier article sur la Nouvelle-Zélande. Après 7 années consécutives de séjour, la série a pris fin. Les évènements de santé, l'âge avançant, un choix de vie plus familial ont eu raison des échappées belles dans un pays qui restera pour toujours le symbole du rêve réalisé, le havre de cœur...
Pour ce der des der, nous allons découvrir une dernière façon de pêcher les rivières néo-zélandaises. Formellement interdit en France, il reste possible de pêcher au filet dans les eaux douces. Kevin m'en avait parlé parfois : un jour que la Waimakariri river sera trouble, nous essaierons d'aller pêcher la truite au ver de terre et on en profitera pour jeter le drag net. Trois jours avant l'avion de retour nous voilà donc potron-minet à la recherche des lombrics kiwis. Dans la ferme de mother çà semblait facile, deux ou trois mottes retournées et nous voilà munis de nos esches. Et bien que nenni... la terre est sèche et les lombrics se sont enfoncés hors d'atteinte de nos bêches. Nous finirons péniblement à réunir une vingtaine de maigres exemplaires....tant pis, çà suffira.
Bateau attelé, on arrive sur un bras de la Waimake . Grant le compère nous rejoint, bateau à l'eau et fouette cocher vers le cours principal. On traverse une sorte de mangrove vivant au rythme des marées... Les berges sont envahies de plantes exubérantes et de vase.. Beaucoup d'oiseaux fouisseurs. Enfin on jette l'ancre sur une pointe de sable s'avançant dans le courant principal de la rivière. Et là, les vers se tortillant au bout de la ligne n'attirent pas la curiosité des salmonidés. On insiste une petite heure mais décidément non.. La truite est boudeuse... A quelques mètres de notre emplacement saute un joli saumon. Ce sera le seul que nous verrons de toute la matinée. Kevin sonne la fin de la partie et nous retournons à l'embarcadère poser nos cannes et charger le filet. En effet, il est formellement interdit de transporter conjointement un filet et des cannes à main... Nous repartons donc avec le seul drag net direction l'embouchure de la rivière. Les pluies de la nuit ont gonflé la rivière qui commence à charrier du bois en quantité... Peu importe. Je suis désigné pour maintenir le filet à terre tandis que Grant et Kevin le déploient en descendant le courant avec le bateau. Grant saute à terre en tenant le deuxième bout. Kevin échoue le bateau à proximité et vient donner la main à tirer la senne. Le principe consiste à tiret le filet dans le sens du courant et ramener les plombs en position basse de manière à bien draguer le fond. Résultat : Une bonne dizaine de kahawai de bonne taille et deux flounder. Dans l'incertitude, on remet les kahawai à l'eau, ne sachant pas s'il est autorisé de garder ces poissons pris au drag net. En fait, on aurait pu les garder. Renseignements pris , seuls les truites et saumons doivent être relâchés... Entre temps Barry arrive sur la rive d'en face... Kevin va le chercher. Barry a amené le petit déjeuner.. Bières et gâteaux à la crème... Hummm. C'est vrai que le grand air, çà creuse !!! Après cet intermède bienvenu, l'opération drag net est recommencée plus près de la mer, mais la rivière gonfle et la houle de la marée montante à l'inverse du courant enfle dangereusement.. A un moment donné, Kevin n'arrive pas à éviter un rouleau plus agressif que les autres, le bateau est submergé. Dans un réflexe d'ultime parade, il oriente la proue vers le centre de la rivière et arrive à flotter avec la moitié du bateau rempli d'eau. Il restera un bon quart d'heure à écoper... trop dangereux maintenant, on décide d'arrêter. Le filet est plein de bois et c'est une partie de patience que de le dégager et le ranger dans sa boîte. Mais nous sommes tout heureux de l'exercice matinal. Le corps participe de tous ses muscles. C'est une pêche tout en force et en équipe et on revient avec une dizaine de flounder.
Retour à l'embarcadère, bateau sur la remorque.. Dernière bière avant de se séparer.. Adieu Grant, adieu Barry, c'est la dernière poignée de mains les amis.... Kevin est un peu triste quand je lui dis et voilà, la dernière partie de pêche est terminée.... A la ferme, Thelma est levée... Bisous et café au lait avec un gâteau.... Je sais que je vais regretter de ne plus participer à ces moments de douceur...Avant de repartir, dernier bisou à Thelma, j'hérite de deux jolies flounder et retour à Selwyn.... Dans la tristesse du départ prochain.. Je profite de chaque kilomètre pour bien m’imprégner du parcours que je connais par cœur bien sûr...
Arrivé à Selwyn, il me restera à préparer la valise, deux jours avant l'avion, j'irai encore glaner quelques jolies agates dans l'écrin magnifique des birdling's flat. Adieu à Andrew, Yi-Ming , aux autres flatmates et aux chats.... La voiture est destinée à Alistair qui m'emmènera jusqu'à l'aéroport. Et de là... Les dernières photos de Nouvelle zélande viendront clore cet article, et ce blog.....