Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.
Z'êtes encore là.. Pourtant j'avais laissé la porte ouverte.. Vous pouviez retourner à vos occupations favorites... Bon ben puisque vous êtes assis là, je ne vais pas vous laisser tomber comme des vieilles choses faites (3eme édition).. Je vous vous raconter maintenant, pas plus tard que tout de suite et présentement le mini-travel à Picton. (Pig town pour les kiwis).
Départ de Chch avec Kevin et le bateau attelé vers les 9h00 vendredi dernier. Tout se passe bien. Arrêt du côté de Blenheim pour casse-croûter... On a pris des "pies" avec du beef haché et des rognons dans une sauce aux oignons. Ma foi, pour une fois, même sans foie, c’était bon.... Faut le dire quand c'est bon, en 4 mois et bien et demi et ben c'est la deuxième fois, c'est suffisamment rare pour qu'on le souligne... Le paysage dans le nord de l'île c'est plutôt herbe sèche et vignes.. Très différent du vert de tout le restant de la south island... Un peu montagneux mais pas trop. Arrivée sur Picton, alors là, effectivement, çà vaut le détour... Les Marlborough sounds c'est un peu comme les fjords de Norvège sans la neige, le froid et les moustiques.. Que des avantages quoi.... De grandes collines très verdoyantes, très peu habitées avec des morceaux de mer un peu partout. On dirait un peu une mosaïque. Plus c'est ensoleillé, mieux c'est... Picton c'est surtout la ville où les kiwis changent d'île. C'est en effet le départ des ferries qui traversent le détroit pour rejoindre Wellington, qui est, rappelons le pour les ceusses qui tentent leur chance à "qui veut gagner des millions" , la capitale de la New Zealand.... (C’était une question à 3000 euros et vous aviez le choix entre Auckland, Chch, Queenstone et Wellington). Ici çà rapporte quedal mais comme je suis payé à la ligne, ceci explique cela.... Donc encore çà de gagné et c'est pas plus mal dans ma poche que dans la leur, on va pas cracher dans la soupe, les petits ruisseaux font les grandes rivières, et j'en passe.... (Cà nous fait 4 lignes bien pesées tout çà...). On ne reste pas longtemps dans Picton car notre destination finale se situe très au dessus du niveau de la mer.. Pour tout dire, on surplombe, on panoramise (nouveau dans le dictionnaire dés 2011 - c'est çà la gloire), on embrasse le paysage, on s'en met plein les mirettes, on jouit du spectacle... Photos à l'appui, promis juré, craché, si je mens je vais en enfer....
Bon la maison de Bary (le copain qui est aussi owner de la petite maison dans la prairie) c'est vraiment du premier choix.. Deux étages, 4 chambres, hyper salon panoramique, garage à bateau... Tout ce que tu rêves, c'est ici, cherches plus... J'hérite de la chambre Nord Ouest et Kevin de la chambre Nord Est (rappelons que le nord, c'est comme le sud ici)... On range vite fait nos petites affaires. J'allume l'ordi pour voir si par hasard un voisin aurait internet wifi non sécurisé... Perdu à la loterie du jour...Ben non, zabonnés zabsents, pas d'internénettes ici.. C'est aussi bien remarquez parce que comme vous allez le voir, on n'a pas eu grand temps pour nous en dehors des heures de pêche.
Commençons donc par le commencement.. Dés l'arrivée, un cageot à bloc de coquilles St Jacques nous attend.. Bary nous indique que si on veut en manger ce soir, on a intérêt à sortir les couteaux. Aussitôt dit aussitôt fait, tu parles.. Mais ils ne savent pas éplucher les coquilles, ils perdent plein de bonne chair sur le couvercle. Y a fallu que je leur montre comment les faire bailler pour trancher pile au niveau de la coquille du dessus et récupérer tout le bon morceau de bidoche... Bon çà y est maintenant, ils savent faire.. Cà nous prend une bonne heure car il y en avait un paquet de 300... Puis avec Kevin comme on a des démangeaisons côté moulinets, on part se mettre à l'eau dans le port sous un superbe panneau "strictly forbidden to launch boats.." (interdiction formelle de mettre un bateau à l'eau) mais Kevin connaît un copain qui a une cousine qui connaît un gars qui a dit bonjour il y a 5 ans à l'ancien capitaine du port.. Muni de ce laisser passer, on s'autorise une mise à l'eau à la sauvage... Et nous voilà s'aventurant dans le fjord.. (Oui je sais, c'est pas français, mais çà le deviendra, faut bien des précurseurs non?). Magnifiques photos, et premiers essais de pêche .... super infructueux... Enfin, si, j'arrive à pêcher un Kawahai fish avec un de mes leurres à loups (à bars pour les pêchous de Mogué)... Kevin essaye une ligne de fond avec 25 hameçons.. Ligne que l'on va récupérer dés le retour à la base... Résultat des courses : 7 requins et un elephant-fish... Manque de pot pour Kevin, l'elephant fish se décroche en arrivant sur la coque du bateau... "Bloody fuck" nous sort Kevin, dans un de ses jours de colère (intraduisible pour les moins de 18 ans).. Retour à la maison vers les 8 heures du soir... Dîner avec coquilles St Jacques, blues cods, patates sautées... Super sympa... On va se vautrer dans les plumes aux environs de 11 heures pour un départ early morning (5h30 du matin).... See you morning, extinction des feux, ronflements (atténués) de Kevin en fond d'écran....
"It's time" me souffle Kevin dans entrebâillement de la porte de ma chambre.. Super bien dormi (mais un peu court).
Breakfast avec Witabeex... Degueu mais y a que çà.... et on charge le bateau de Barry (Un 6,10 mètres avec un 300 cv 8 cylindres en V Mercury, 5 litres). Barry a la bonne idée d'essayer de démarrer l'engin... Peuff, peuff, peuff, peeet, peeet, peeet.... Pas de démarrage... Répétition étonnée de Barry "Usually, starts first time!".. même résultat... Voilà Kevin et Barry la tête dans le cambouis à essayer de faire partir ce p.t...n d'enf..ré de moteur de m..de.... (ils le disent en anglais, mais j'ai un problème pour traduire les points de suspension). Malgré les efforts de nos deux compères, le monstre à 16 soupapes refuse de nous faire l'honneur d'un récital de pot d'échappement... (Comme c'est un allumage électronique, on ne peut rien démonter). Réunion au sommet, il va falloir prendre une décision car les pots à crayfish de Barry sont là-bas à 30 kms au nord à la sortie des sounds.... Faut aller au moins les lever et les réarmer... Kevin propose d'y aller avec son coucou et ses 25 chevaux tous mouillés.... Barry souligne la tâche fastidieuse : tu te rends pas compte, 30 km avec ton moulinex, tu vas revenir avec une barbe de 3 jours... Kevin se laisse pas démonter (comme le moteur), et nous calcule qu'en 2 heures on y sera. 2 heures pour revenir, ça fait une demie marée en gros quoi, en partant avec le bon courant, c'est jouable.. On regarde donc la table des marées.. Faut partir dans pas plus de 20 minutes. Solution adoptée. Barry reste pour réparer son bateau et nous prenons le large sous le même panneau qu'hier... A l'aller pas de problèmes, on arrive même sur place (aidés par un bon courant) en 1h20. Les 3 pots à crayfish sont repérés... On les lève : rien dedans.. Sauf deux requins nourrices et un Tarakihihi fish..
Le Tarakihihi fish est récupéré pour des agapes futures.. De là on réarme les pots à Barry et on pose les pots à crayfish de Kevin.. Wait and see, on viendra demain avec le bateau (réparé on l'espère) de Barry. Le vent commence à se lever. Tout était super calme jusque là. On opte donc pour une petite dérive et on se prend tranquilos nos 6 blue cods (ici c'est maxi 3 par personne et par jour) et 2 Tarakihihi fishs... Fin des opérations aller.. Il est temps de retourner surtout que le vent se renforcit progressivement... On commence par faire un coup de trolling (traîne) et on récupère un Kahawai fish et 3 barracudas... "Good for bait" (bon appât) dit Kevin.. Le vent tourne carrément vinaigre, on s'oriente côté sortie et on revient dans les embruns et le froid car le vent de Sud n'est pas des plus chauds. Je suis à l'avant du bateau et je vais pas dire que je prend mon pied durant le retour.... Arrivée à la maison, direction douche immédiatement pour d'une part laver les habits des embruns salés et d'autre part se refaire une santé car je ressemble à une statue de sel... Cà me rappelle nos sorties sur l'étang de Thau avec Jean mimi avec des vents de 110 km/h.. Mais putain, ce que çà mordait.. On était seuls, on n'arrêtait pas d'en sortir... Les retours à la maison étaient mémorables....
On se prépare un dîner de côtes de mouton et de patates au four... super..... Barry a réparé le bateau, on va pouvoir aller aux coquilles St Jacques demain.. Chouette, j'ai envie de voir çà.... Mais me direz vous, vous allez vous coucher après çà?... ben non, que nenni, a contrario, on repart chercher la set line de Kevin (la ligne de fond) qu'on avait réarmée la veille.... On se retrouve avec le même vent, en pleine nuit dans le milieu des sounds à rechercher la balise blanche de la ligne..... Mémorable..!! Y avait absolument rien sur la ligne qu'on avait mis trop près de la cote.. Tout a été bouffé par des petits.. Ben mon capitaine, çà valait pas le coups de se geler les grelots à pas d'heure pour récupérer des hameçons comme neufs.... Retour à la maison, la queue entre les jambes, des pêcheurs amateurs (entre temps on a réarmé la ligne pour demain et on l'a mise à l'écart du bord)... De là, on se redouche (embruns).. C'est pas aujourd'hui qu'on sentira le pourri.... Dans les torchons à 11h30 pour un réveil à 5h30 comme dab.......
La suite dans le prochain numéro... Y a encore plein de trucs à raconter... Quittez pas votre chaise, c'est juste l'entr'acte... On va passer dans la salle pour les rafraîchissements d'usage.. 2 euros l'esquimau, 3 euros la bière... Et pour finir une histoire de pêcheurs kiwi : Pour manger des pauas : Vous mettez dans une casserole des pauas et une pierre... Vous faites cuire pendant 2 heures.. Vous jetez les pauas et vous mangez la pierre.... (C'est vrai que les pauas (gros ormeaux bleus de NZ), c'est des durs à cuire... Nos ormeaux de Bretagne, c'est du beurre à côté)