Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.
Rendez vous à 4 heures pétantes à Kevin' house. Ce mardi matin çà fait donc sonner le réveil dans les 3 heures un quart. Alors je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais çà m'empêche de dormir de savoir qu'un réveil va sonner. Bref, nuit quasiment blanche d'autant plus qu'il y avait l'excitation de la première partie de pêche.
Kevin's House. 4 AM. Good boy (parce que je suis pile à l'heure)... Kevin embarque ses petites affaires et nous voilà de nouveau sur la route du Lake Coleridge. Comme l'année précédente sauf que cette fois ci c'est moi qui conduit. Et çà fait une sacrée différence. Kevin, l’œil aux aguets et la carabine de 12 sur les genoux surveille les yeux qui apparaissent dans les phares.
S'il s'agit d'un lièvre, on ralentit et on essaye de le "shooter". Malheureusement pour nous, c'est pas le jour du lièvre. Le seul que l'on aurait pu tuer, Kevin na pas trouvé à temps la poignée de la portière, faut dire qu'à 4h1/2, il fait aussi noir que dans le trou du tunnel de la mine de crayon. Aller , pas grave, on les aura la prochaine fois. Et voilà-t-y pas qu'on s'attaque la gravel road finale (qui fait quand même ses 21 kms). Et là, t'apprend vite à tes dépends que conduire sur une gravel road, c'est déjà pas facile, mais en plus avec une remorque , çà tient directement du patinage artistique. Imagine un peu un virage en dévers dans une pente marquée, un accotement pas stabilisé du tout, des trous comme des ânes, de la tôle ondulée et tu t'essayes à freiner la dedans avec ta remorque qui se met en travers.. Chaud les marrons.... En un dixième de seconde, tu comprends la sagesse de la petite vitesse. On finit au mieux avec un petit 40 à l'heure prudent, coolos mais attentif quand même... Kevin pour me rassurer me susurre que c'est sur les gravel roads (spécialité de Nouvelle Zélande) qu'il y a le plus de morts parmi les étrangers (met çà dans ta poche et accroche toi).....
Et on arrive au bord du lac, les fesses serrées, les mains crispées sur le volant.. C'est une expérience à vivre croyez moi.... Kevin, bon prince, s'attaque à la manœuvre de lancer du bateau... Faut dire qu'il est surdoué pour les "back with the trailer"(les remorques en marche arrière). Donc,comme prévu, présentation impeccable, bateau à l'eau en 5 secondes... Le lac est laiteux, "dirty" comme dit Kevin. Pas bon signe pour la pêche. Toutefois, dans les petites lueurs d'une aube balbutiante, on peut voir des taches plus foncées au loin.. Le lac n'est pas "dirty" partout.
Mise en route moteur, nickel, premier tour de clé. Puis direction les espaces propres du lac.. Pas de résultats. On change de coin, pas mieux. Kevin remarque que la rivière de droite n'est pas sale. On se dirige vers son embouchure donc. Et là, j'ai une belle touche, avec un poisson argenté qui sort de l'eau à plusieurs reprises. Les éclaboussements perturbent le calme du lac. Un saumon du lac (chinook salmon). Chouette c'est les meilleurs. Ils ont une chair rose vif et vraiment délicieuse. Les meilleurs saumons que j'ai pu manger jusque là.... Arrivé au bateau, il se bagarre à fond mais finit quand même dans l'épuisette. France 1, Nouvelle-Zélande 0. C'est mon premier de l'année, je le regarde avec un air attendri... Mais ne laissons pas l'ouvrage sur l'établi, on y retourne aussitôt, pleins d'un espoir justifié. Ben là, c'est nénette party . Pas une seule touche en 2 heures de temps.
On se fait une pause casse croûte bière et on devise sur la meilleure façon de traquer ce foutu poisson qui ne veut pas mordre. On a remarqué au sondeur que des milliers de poissons se situent entre 20 et 50 mètres de profondeur... J'essaye donc une traîne profonde et finit par prendre une brown d'un kilo environ (France 2, Nouvelle Zélande 0). Par rapport à ce que l'on voit au sondeur, c'est pas terrible comme résultat. Kevin, qui n'a rien fait , propose d'aller voir le lac Georgina pour ne pas perdre complètement sa journée. On remet donc le bateau sur la remorque et cap sur le Georgina. Là, le vent commence à se lever par rafales assez fortes, on essaye quand même. Un pêcheur à la mouche est assis dans une sorte de chaise gonflable et traverse le lac comme çà en dérivant. Original. Il faut dire que les bateaux à moteur sont interdits sur le lac. On doit se rendre à l'évidence, çà ne mord nulle part aujourd'hui. On en vient à se dire que ces grosses chaleurs perturbent le poisson et qu'il descend rechercher le couches d'eau plus froides où il reste quasi immobile.
Comme disent les pêcheurs de l'étang de Thau, le poisson se "tanque". Expression occitane bien imagée. Sous toutes les latitudes, les périodes de fortes chaleur ne sont pas favorables. Fin mars et avril seront certainement plus propices. Retour au bercail avec 2 poissons. Ce n'est pas l'Amérique, mais c'est un début. On se quitte devant la maison de Kevin après être passés à la ferme de sa moman qui nous a offert un 4 heures thé, cake, toasts à la tomate (super bons). La voiture de Kevin est en réparation. On laisse le bateau à la ferme en vue de réglages et améliorations diverses.
On doit partir demain pour Tutaki. Le garage a promis que çà serai prêt. Ok, je passe te prendre demain matin vers 9 heures et on va chercher ton "car". Retour à Selwyn pour dîner. On mange asiatique ce soir.... Hi-ming est bon cuisinier. C'est toujours plein de saveurs ses plats.... Petite soirée car un peu fatigué de la journée... "Go to bed", extinction, ciaoooo.....