Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.

On ne s'était pas vus depuis un bon moment. Un peu fainéant sur le blog cette année. Faut dire qu'ici, c'est un été exceptionnel avec que du beau temps, pas de pluie, de la chaleur et donc du farniente. Pas trop envie de bosser...
On n'a pas l'habitude car ici c'est climat breton plutôt : un quart de pluie, un quart de soleil, un quart de vent et un quart de froid. Comme ils disent, en Bretagne : ici il ne pleut que sur les cons... Donc, forcément, y a pas mal de cons.... C'est logique non? A part cette plaisanterie, un été comme çà, çà se compte sur les doigts d'une main par millénaire.. La sécheresse est partout, comme ils ont coupé tous les arbres, ben çà sèche encore plus, donc ils pompent encore plus dans les rivières qui s'assèchent encore plus vite.... Les pauvres truites, par moment n'ont plus que quelques flaques pour survivre. Il y a quelques opérations de sauvetage par des amateurs, mais les dégâts sont importants. C'est çà, quand on joue avec l'environnement, çà finit fatalement par se retourner. L'arroseur arrosé, pour finir par une boutade...
Avec Kevin, on avait depuis longtemps le projet d'aller passer deux jours sur la Waiau. 2 jours à la façon trappeur, nuit aux 100000 étoiles, tambouille sur le coin d'un camping gaz, pêche à volonté avec sac à dos....
On s'est décidés pour dimanche et lundi de Pâques. Embarquement de tout le matériel de survie et cap sur Cheviot afin de trouver un passage vers les coins sauvages de la Waiau river.. Qui n'est pas si sauvage que çà, on va s'en rendre compte. En fait, on a raté une première intersection qui mène à Gore bay et qui est dans Cheviot même. Mais on est parvenus à trouver un "angler access" sur la rive droite. Un champ plein de vaches qui mène à un bras "navigable" de la Waiau. Je dis navigable car c'est le point de mise à l'eau de bateaux à turbines, super puissants, capables de descendre et remonter des rapides et de surfer dans 20cm d'eau seulement. En résumé si t'es pas équipé, ne compte pas te rendre à l'embouchure distante d'environ 8km.. Il n'y a pas de routes.... Peu importe, on stoppe là et on s’arnache du matériel de premier secours (sandwich, boissons, matériel de pêche) et nous voilà partis à la découverte de la Waiau. Comme toutes les rivières en ce moment, elle est très basse. On peut donc sans difficultés particulières traverser les différents courants qui se séparent et se rejoignent à la manière d'un immense labyrinthe. Ce n'est pas sans me rappeler le livre de Philip José Farmer "le fleuve de l'éternité", sinuant ainsi entre les montagnes et donnant à chaque détour un paysage différent..

Je laisse Kevin prendre du champ. Il file upstream, et disparaît assez rapidement de ma vue. Je décide alors d'aller down stream... Quelques jolis coins ayant attiré mon œil... Mais j'ai beau insister dans les meilleures places, lancer et relancer le leurre... Que nenni, pas de truites, encore moins de saumons... A ce titre, c'est le dernier jour pour le saumon.... Le 1er avril, c'est fermé..... J'ai beau arpenter les rives, changer de cuillères, rien n'y fait... Je vois juste une malheureuse truite de 30cm, un bébé, approcher du leurre et disparaître dés qu'elle me voit... Le soleil décline derrière les montagnes et je me rapatrie sur la voiture non sans avoir été dépassé par des bateaux turbines surgissant de nulle part et disparaissant dans une gerbe d'eau et le tonnerre des grosses cylindrées. Pas probante la première journée de pêche... J'attends Kevin qui tarde à arriver, la nuit tombe rapidement ici, c'est l'automne depuis quelques jours. Les arbres, en particulier les peupliers se déplument et chaque coup de vent soulève des volutes de feuilles jaunies. Voilà Kevin qui arrive enfin. Il a attrapé deux jolies truites et a eu 5 touches, tout cela dans un même courant assez loin d'ici. Le reste de la rivière s'est révélé improductif. La chance... Cà fait partie de la pêche bien sûr. On décide d'aller explorer la rivière vers le pont sur la route nationale et trouver une place où s'installer pour la nuit. Finalement, une aire de pique nique s'avère la plus adéquate. Kevin installe une toile entre la voiture et un arbre pendant que je fais la cuisine (côtes d'agneau et patates rôties avec pumpkin).

On s'installe sur une table en ciment et on se déguste avec bonheur notre dîner accompagné d'une bonne bière Speight.. La biere la plus reconnue de la Nouvelle zélande. Il fait complètement nuit et on installe nos lits sous la toile... Malheureusement, la nuit sera très venteuse et l'arbre sous lequel nous nous abritons est assez bruyant... Le sommeil sera minimum, nous ronflons chacun à notre tour. A 6 heures, en pleine nuit, nous démontons le camp de fortune et nous retournons vers la rive droite de la rivière. On y découvre de magnifiques courants, profonds, longeant des arbres, idéal pour les grosses mémères.. Aux premiers casts, Kevin accroche une belle truite... Au moins 5 ou 6 livres... Mais elle se décroche dans un saut impressionnant accompagné d'une magnifique gerbe d'eau.. Ce sera la seule piquée à l'hameçon de toute la matinée. Au cours de notre périple au long de la rivière, on s'est bien tapés 12 kilomètres dans les graviers, j'ai eu un énorme poisson derrière mon leurre.. Sans doute un saumon vu le sillage dont est marquée la surface de l'eau.... Mais il ne prendra pas l'hameçon.. Tant pis.. De toutes façons, nous sommes le 1er avril et le saumon est fermé depuis hier... On aurait dû le relâcher.... Fin de la partie de pêche sur une bredouille. C'est pas souvent, mais les fins de saison sont rarement bonnes... Retour à la voiture et on retourne à l'aire de pique nique se régaler d'un breakfast œufs et bacon avec les incontournables patates et pumpkin...

De retour à Christhurch, on se sépare à la ferme de Kevin's mother. Comme dab, "we keep in touch"...
De là je passe à Pack 'n save acheter une bonne bouteille car demain soir nous sommes invités chez le voisin Seaton.
En reculant pour sortir du parking, je heurte une voiture qui, bien qu'elle ait vu que je reculais, a forcé le passage. Une vieille édentée sort de la voiture et on est quitte pour un constat.. Rien de méchant, je sortais au pas, et j'ai juste effleuré son pare choc arrière.. Plus de peur que de mal.... Mais bon, j'en suis sans doute pour mes frais vu que j'ai une franchise au tiers de 500$.. C'est le jeu ma pauvre Lucette....
Le mardi, après une bonne nuit réparatrice, je commence à vérifier les affaires et préparer le départ. C'est qu'on en accumule des saloperies de tout genre. Le premier exercice avant départ, c'est de savoir jeter ce qui n'a pas servi et ne servira jamais.. Comme disait le polytechnicien qui répandait du fumier dans une ferme avant de trier les patates, pour foutre la merde on sait faire, mais pour prendre une décision, c'est plus difficile....
Une fois ce tri enfin terminé, je prépare de la langouste pour amener chez Seaton.

A 6 heures, Seaton nous accueille dans sa belle maison, sur une pelouse impeccable..
/image%2F1292370%2F20201209%2Fob_e41c57_aaa.jpg)
Toujours sympas ces soirées entre amis... On a pas mal picolé, rigolé, mangé...
Et réchauffés au feu de bois en regardant les étoiles qui sont beaucoup plus nombreuses et brillantes que dans notre hémisphère...
/image%2F1292370%2F20201209%2Fob_f6dff2_aaa.jpg)
Voilà comment on attaque la dernière semaine... Je vais m'appliquer à tout ranger correct maintenant et flemmarder un peu tout en profitant des langoustes et saumons qui restent en quantité....
Fin de ce séjour et déjà des projets pour le prochain. Kevin souhaite retourner dans la Buller river en bateau.. C'est vrai que c'est un fabuleux souvenir, un séjour à kaikoura, un séjour chez PJ, et bien sûr l'ouverture du lac Coleridge début Novembre. Cette année, pas de Tutaki, pas de Coleridge, donc on est bien décidés à se rattraper à la prochaine saison. J'ai un petit souci car avec l'affaire de Chypre, l'euro est au plus bas et la vie devient rapidement hors de prix ici.. En 4 ans, l'euro a perdu plus de 40% de sa valeur... Mais comme dit Martine, pourquoi s'arrêter à çà? l'argent n'a que la valeur qu'on veut bien lui accorder. Alors tant pis, cassons la tirelire tant qu'il nous restera la force et la volonté de profiter de ce pays magnifique.
Ha oui, les photos, je vais aller en chercher sur internenettes car mon appareil refuse obstinément d'allumer son écran.. Et sans écran c'est trés difficile de cadrer ou de zoomer. Donc pour une fois, pas de photo originales, à part celles de chez Seaton que j'ai prises avec le Galaxy.
A moins d'évènements exceptionnels, il n'y aura plus d'autre article cette année... Donc comme dab rendez vous au mois de novembre prochain... Bisous aux fidèles......