Séjours pêche et découverte en Nouvelle Zélande.
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Kaikoura nous voilà. C'est la quatrième année que nous venons à Kaikoura avec Kevin. Ici, c'est LE MUST de la mer en Nouvelle Zélande. En Maori çà veut dire "Manger des langoustes". Et des langoustes c'est pas ce qui manque. On t'en propose partout, entières ou demies, en sandwich, au barbecue, en Bellevue.... Tu n'as que l'embarras du choix. Mais ouvre ton porte monnaie car ici comme en France, la langouste reste un produit de luxe. compte au minimum 25 dollars pour une toute petite demie langouste dans une baraque à frites et jusqu'à 120 dollars dans un resto réputé. Faut dire que la langouste bien qu'elle soit abondante ici, n'est pas si facile que çà à attraper. La mer est rude et les aventuriers pêcheurs ne sont pas en grand nombre. Quelques professionnels avec licence approvisionnent le marché local, mais ils ont un quota à respecter. Ici la ressource est surveillée de près et les règles de capture sont

draconiennes. Il peut t'en coûter outre une très forte amende, la saisie du bateau et de la voiture si tu te ramènes à terre avec une langouste portant des œufs. Une simple langouste hors taille de 1 mm te coûtera au minimum 250 dollars.. Et les rangers sont partout et surveillent plongeurs, bateaux et baigneurs... Il est permis de prendre 6 langoustes par personne et par jour. Elles doivent avoir une taille minimum bien précise de 55mm pour les mâles et de 60mm pour les femelles non porteuses d’œufs. Ces mesures sont prises entre les deux picots saillants de la face antérieure de la queue, sur le deuxième anneau. 3 nasses à langoustes par personne sont permises et chaque nasse doit comporter un ou deux échappatoire de 9 cm de large. Ton nom doit être inscrit sur la nasse et sur les bouées. Voilà pour la règlementation qui est strictement appliquée comme dab en Nouvelle zélande. Les braconniers (poachers) sont dénoncés systématiquement et chaque bateau comporte le N° de téléphone à appeler en cas de braconnage visible.. Ici, ils ne font pas les marioles comme certains en Bretagne qui pillent les ressources avec la bénédiction des affaires maritimes locales...... On ne citera pas de nom ni d'endroits, mais croyez moi, çà manque sérieusement de coup de pieds au cul en Nord Bretagne... Tout çà pour transformer du homard en ricard ou en gros rouge, c'en est pitoyable.... Bref, changeons de sujet, vaut mieux.....
En ce qui concerne la technique de pêche, c'est un vrai parcours du combattant. Vous devez, en premier lieu aller chercher de quoi remplir les nasses de poisson frais. La solution de facilité consiste bien sûr à acheter de quoi boetter ("bait" en anglais). Mais pourquoi se passer d'une bonne partie de pêche avant de remplir les nasses?
La journée de pêche aura donc toujours pratiquement le même timing : Lever de bonne heure afin de profiter des premières lueurs toujours plus pêchantes et également afin de surveiller les éventuels visiteurs indélicats de vos pots à langoustes.. Ben oui, çà arrive aussi ici, les malhonnêtes de la pêche... On en a comme ailleurs malheureusement. La pêche est plus ou moins productive et parfois on a du mal à trouver de quoi nourrir les nasses. Mais bon, en général, blue cods et maori chiefs se bousculent dans la boite à poissons. Deuxième partie de la journée : trouver un coin tranquille à l'abri de la houle afin de fileter les poissons. Kevin excelle à cet exercice. Il connaît tous les poissons par cœur et arrive à faire des filets sans arêtes avec n'importe quelle espèce. Pour le moment, on a surtout 3 espèces comestibles blue cods, maorichiefs et terakihihi. Le terakihihi est un poisson très spécial car la chair est très ferme et très gouteuse. C'est sans doute le meilleur poisson que l'on puisse manger cru.

Durant le séjour, j'en ai attrapé 3, ce qui a fait les délices des convives. Sur la photo un blue cod record à gauche et un terakihihi à droite. La recette est simple : couper fin la chair, saler poivrer, ajouter de l'échalote et du petit piment et enfin deux cuillères à soupe d'huile d'olive. Laisser macérer une heure. C'est prêt et c'est délicieux. On a eu Grant le copain de Kevin les premiers jours puis Stephane est venu nous rejoindre pour la fin du séjour. C'est Grant qui m'a enseigné de manger le terakihihi cru.
Revenons donc à la partie de pêche qui se continue en nettoyant le bateau et les instruments puis on se dirige vers les crayfish pots que l'on relève. On en a 6 à lever... C'est lourd et éreintant. On les met en général dans 25 mètres de fond. Mais à coup sûr, on a des langoustes. Plus ou moins selon l'endroit, plus ou moins grosses aussi... Mais c'est payant à 99%. On sort les langoustes et on les mesure.
(Sur la photo : pêche du jour...) Je suis chargé de tenir le compte de celles que l'on garde pour ne pas dépasser le chiffre fatidique de 12 ou 18 selon que l'on soit 2 ou 3 sur le bateau... On re boitte les casiers et on cherche un coin propice au sondeur pour les immerger.

Lorsque tout est fini, on revient mettre le bateau sur la remorque et retour maison. On se prend un petit lunch avant de cuire les langoustes 3 par 3 ou 4 par 4 selon grosseur. Cà prend entre 1 heure et 1 heure et demie et enfin arrive le temps d'une sieste bien méritée..
Le soir on prépare le dîner et bien sûr on se prend une langouste, on se fait frire quelques filets de poissons frais, le tout accompagné de salade et de quelques légumes chauds. Un bon dessert par la dessus et la messe est dite... Coucher vers 9 heures du soir pour se relever vers 6 heures moins le quart... Des journées bien remplies dont on arrive aisément à prendre le rythme... Ce sera ainsi toute la semaine hormis le vendredi qui commença avec un vent à décorner un cocu. Quelle surprise de faire une grasse matinée au milieu de tout çà... Un délice !!! Comme quoi tout se mérite dans la vie.
Un seul fait vraiment marquant : Grant est parti chercher des ormeaux en plongée le long de la côte très rocheuse.
Il est revenu avec 10 engins de très belle taille... Il les épluche et je le vois sucer une partie des entrailles du mollusque. C'est bon? que je lui demande? Ben goûte qu'il me répond..... Pas craintif, je suce à mon tour une partie vert amande et je suis surpris par le goût d'algue tempéré par une texture crémeuse... C'est réellement très bon... ben, c'est la première fois que je mange des œufs d'ormeaux que je lui dit..... Que nenni répond-il dans un anglais amusé, ce ne sont pas des œufs, c'est l'estomac que tu est en train de sucer.... J'arrête un moment de déglutir, puis en y réfléchissant, je me dis why not. C'est trop bon. Du coup je re suce ce qui ressemble à du lait concentré vert au goût d'algue... Surprenant. La Nouvelle Zélande vient encore de m'offrir une surprise.... "We have to try all" et c'est vrai que j'essaye tout....

Voilà pour ce séjour agréable au gré des marées, des courants et de la nonchalance active des kiwis. Merci à Kevin et Grant qui savent transmettre leur passion du sauvage et qui sont, à juste titre, fiers d'être kiwis...
Retour au bercail avec un peu de tristesse car nous savons que Grant va rejoindre l'île du nord en avril prochain. Sa maison a Christchurch n'est pas re constructible et va donc être démolie. C'est un ami de plus de 20 ans que va perdre Kevin et je ressens sa tristesse. Ainsi va la vie, rien ne peut être permanent.
En rentrant, on passe chez Marlene lui donner une langouste. Barry son boyfriend est très content car il a pêché 2 kahawais dans la waimakariri river. Il nous montre les photos... En voilà un qui commence à découvrir la Nouvelle Zélande aussi.... Puis rendez vous chez mother's farm où on se partage les langoustes avec Kevin.... Son cousin est là avec sa femme. Ils nous parlent du lac Coleridge où il viens d'aller. En pêchant profond il a pris de superbes truites. Il nous montre les photos : super!!.. Kevin me fait un clin d’œil : Cà veut dire on y va? Ben oui qu'on y va... Prochain épisode de pêche à coup sûr......
J'arrive à Selwyn lake road épuisé mais content: Quelques jours de repos en perspective.... Avant de repartir. ...
Voilà pour cette fois... Je sais que l'hiver sévit chez vous..... Aussi je vous met des photos pleines de soleil pour vous réacclimater doucettement comme celle de ce pohutukawa (en maori) dit aussi christmas tree (arbre de Noêl).... bisous, à la prochaine....